Sarah Lavoine, l’éclat du design à la française
Sarah Lavoine, née Poniatowski, incarne à elle seule le renouveau du chic parisien dans l’univers du design et de l’architecture d’intérieur. Longiligne, élégante, à la crinière dorée et aux santiags blanches, elle affiche une allure à la fois décontractée et sophistiquée, reflet d’une personnalité libre et créative qui a su imposer son style sur la scène internationale.
Son histoire commence à Paris, dans un environnement familial où l’art, l’architecture et la mode sont omniprésents. Fille de Sabine Marchal, décoratrice d’intérieur, et de Jean Poniatowski, ancien directeur de Vogue, Sarah baigne dès l’enfance dans un univers où le beau se conjugue avec le détail. Elle apprend à regarder, à saisir les opportunités, à s’inspirer de tout et de tous. Après de courtes études de théâtre à New York, elle revient à Paris et se lance dans la décoration, guidée par l’architecte d’intérieur François Schmidt, un ami d’enfance. Très vite, le bouche-à-oreille fait son chemin, la presse s’en mêle, et la première boutique voit le jour.

En 2002, Sarah Lavoine fonde son studio d’architecture d’intérieur avec l’envie de créer des espaces intemporels et vivants. Son style se distingue par un jeu subtil d’associations de couleurs, un métissage des pièces, des matériaux sublimés par le savoir-faire traditionnel et des formes contemporaines. Elle puise son inspiration dans ses voyages, ses racines polonaises, mais aussi dans la culture parisienne, qu’elle réinvente à sa façon. « Mon héritage, c’est surtout la rigueur, la justesse et la sensibilité », confie-t-elle. « Mon éducation a affûté mon regard, mon goût pour l’esthétique et le raffinement. »
Un style où les couleurs cotoient les matières


Au fil des années, son travail évolue, passant de l’épure à des atmosphères plus affirmées, où les couleurs vives côtoient les matières brutes, où le design contemporain dialogue avec les objets vintage chinés dans les marchés aux puces. Elle aime à dire que chaque projet est unique, et qu’elle s’y projette toujours avec le client, pour répondre à ses attentes et à ses besoins. « Leur état d’esprit joue un rôle essentiel dans ma vision du projet », explique-t-elle. Pour ses collections de mobilier, en revanche, elle laisse libre cours à ses envies, mélangeant les époques, les matériaux, les couleurs, toujours dans une recherche d’intemporalité. « J’essaie de ne pas suivre les tendances, je crois davantage aux pièces qui traversent le temps. » La couleur occupe une place centrale dans son processus créatif.
La création d’une couleur unique


Elle a même créé un bleu unique, le « Bleu Sarah », qui apporte élégance et profondeur à chaque espace. « Selon la lumière, il prend des reflets verts, c’est une couleur vivante, qui structure la pièce. » Elle aime aussi jouer avec la lumière naturelle, qu’elle amplifie grâce à de grandes baies vitrées, et avec les textures, qu’elle met en valeur par des associations audacieuses : bois brut, métal, céramique, tissus riches.
Sarah Lavoine a signé de nombreux projets emblématiques, du siège social de L’Oréal Luxe à Paris (48 000 m² à imaginer et aménager) à la transformation de maisons de campagne, en passant par la rénovation du Café de Paris à Biarritz ou la création d’espaces éphémères comme le Café Joyeux à la Madeleine. Pour chaque réalisation, elle place l’humain au cœur de sa réflexion : « Mon but, c’est que les gens soient heureux de vivre ou de travailler là. »


Au delà des frontières
Aujourd’hui, le nom Sarah Lavoine rayonne bien au-delà des frontières françaises, avec 15 boutiques en France, 150 points de vente dans le monde, et des projets résidentiels ou hôteliers à Tokyo, New York ou encore en Europe. Elle continue d’inspirer par son audace, sa liberté, sa capacité à oser la couleur et à réinventer les codes du chic parisien. « J’aime créer des lieux où il fait bon vivre, où l’on se sent bien, où l’on a envie de rester. » Son parcours, son talent et sa vision du design font de Sarah Lavoine une figure du design contemporain, une ambassadrice du beau et du bien vivre.
Texte Maxime Kouyoumdjian



