Projet Bus Palladium par le Studio KO
Dans le 9ᵉ arrondissement de Paris, au numéro 6 de la rue Pierre Fontaine, une adresse légendaire s’apprête à faire vibrer la capitale sous une toute nouvelle identité. Le mythique Bus Palladium du Studio KO, temple hétéroclite du rock fondé en 1965 par James Arch, renaît de ses cendres après sa fermeture en 2022. Orchestré par le groupe hôtelier Chapitre Six sous l’impulsion de Nicolas Saltiel et Christian Casmèze, ce projet d’envergure métamorphose l’ancien club en un hôtel cinq étoiles vibrant au rythme de la musique 24 heures sur 24. L’enjeu majeur consistait à ressusciter l’esprit électrique et irrévérencieux de ce repaire historique, tout en y intégrant un lieu d’accueil d’exception capable de faire cohabiter la création artistique, la fête et le repos.

Une restructuration titanesque pour une narration verticale
La transformation de ce bâtiment de deux étages, qui formait autrefois une « dent creuse » dans la rue, a exigé des travaux d’ingénierie colossaux. Les circulations ont été entièrement réinventées en creusant à 14 mètres sous terre pour déployer 12 niveaux, dont 4 en sous-sol, permettant aux strates du passé et du présent de s’additionner de façon fluide. Au cœur de cette nouvelle organisation verticale, l’hôtel abrite désormais 35 chambres et suites uniques. Les volumes ont été pensés comme un organisme vivant : les étages supérieurs accueillent les voyageurs en quête d’un refuge réconfortant, tandis que les sous-sols abritent la scène mythique d’un club de 200 places équipé d’une mezzanine et d’un système L-Acoustics de pointe.

Une palette sensorielle entre héritage seventies et détails musicaux
La recherche d’authenticité et d’impertinence visuelle menée par Karl Fournier et Olivier Marty se traduit par une écriture résolument cinématographique empruntée aux années 60 et 70. Dans les chambres, les plafonds en béton brut dialoguent avec des murs enveloppants en liège et des moquettes rose poudré. Les salles de bains s’habillent d’un carrelage bleu Klein ou vieux rose, dissimulées derrière des voilages semi-transparents. Une attention particulière a été portée aux détails qui filent la métaphore musicale : les interrupteurs évoquent des amplis vintage, les poignées de porte imitent la grille d’un micro, et les tables de nuit transparentes encapsulent des cassettes audio chinées et des livres sélectionnés par Balades Sonores. Dans la suite Dalí, un canapé modulaire DS-600 De Sede d’époque fait écho au balcon d’origine qui surplombe le célèbre néon rouge.


L’art de conjuguer mémoire collective et création contemporaine
Sous la direction artistique et la curation de Caroline de Maigret, chaque espace de l’hôtel éveille les sens, notamment grâce à des playlists diffusées sur des enceintes en bois Ojas et un sillage olfactif ambré-boisé exclusif. Le staff arbore des uniformes en velours côtelé signés en partenariat avec la maison Husbands, clin d’œil rétro à la culture rock. Côté table, le chef Valentin Raffali signe une carte resserrée et franche en lien direct avec l’économie locale, mettant en scène des produits bruts comme les asperges blanches fumées à la flouve ou le rouget au barbecue. En sous-sol, la direction du club est confiée à Lionel Bensemoun, déterminé à faire de cette scène un théâtre de la nuit parisienne mêlant concerts live et performances de cabaret. Fidèle à sa philosophie de réveiller les lieux sans les trahir, le Studio KO signe ici un hôtel-laboratoire où la musique n’est plus une simple ambiance, mais une véritable raison d’être.
Informations :
- Hôtel & Club : 35 chambres dont 5 suites (Chambre Supérieure à partir de 490€, Suite Dalí à partir de 2000€).
- Direction artistique & Architecture : Caroline de Maigret (DA) – Karl Fournier & Olivier Marty (Studio KO).
- Partenaires clés : Valentin Raffali (Chef), Lionel Bensemoun (Club), Maison Husbands, Balades Sonores, L’Œil de KO, Antoine Billore.
Texte : Aurélien Walas Crédit photo : Matthieu Salvaing et Eva Lopez



